Depuis que je suis malade, j'angoisse dès que je dois partir en vacances, est-ce normal ?

Tout évènement à venir, tel qu’un voyage par exemple, génère chez le patient atteint de la maladie de Parkinson une certaine anxiété, rappelle Marc Ziegler, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris. Cette anxiété anticipatrice est normale. Les patients doivent cependant se rassurer : en général, dans les faits, tout se passe bien !

Marc Ziegler, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris

La maladie de Parkinson peut-elle créer des altérations mentales chez les malades ?

Jean-Philippe Azulay, neurologue au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de la Timone à Marseille distingue les troubles de la fonction intellectuelle et ceux de la fonction psychique. Les seconds sont nombreux (anxiété, troubles de l'humeur, dépression légère…) et doivent être traités car ils altèrent fortement la qualité de vie du patient. Concernant les troubles cognitifs, tous les patients ne sont pas exposés de la même façon. Environ 1/3 des personnes touchées par la maladie de Parkinson souffrent de troubles intellectuels (problèmes de mémoire, de concentration), essentiellement en cas d'apparition tardive de la maladie qui se conjugue alors avec le vieillissement cérébral. Mais ces troubles restent légers, sans commune mesure avec ceux qu’engendre la maladie d'Alzheimer. De plus, il s'agit principalement de troubles de la concentration que de la mémoire : en effet, le malade pourra toujours, grâce à des indices ou à des stratégies d'aide, retrouver ses souvenirs.

Jean-Philippe Azulay, neurologue au CHU de la Timone à Marseille

La kinésithérapie peut-elle apporter un soutien aux malades du Parkinson ?

Pour Jean-Pierre Bleton, masseur-kinésithérapeute à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris, la kinésithérapie permet de suppléer à la perte des automatismes chez le patient parkinsonien, c’est-à-dire la motricité dite « non pensée » tels que la marche, le balancement des bras, la rotation du tronc… La prise en charge kinésithérapeutique permet aussi d’alléger d’autres troubles annexes, comme les troubles respiratoires ou orthopédiques.

Jean-Pierre Bleton, masseur-kinésithérapeute à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris

La chirurgie est-elle une réponse à la maladie de Parkinson ?

Pour Pierre Cesaro, neurologue à l’hôpital Henry Mondor à Créteil, la chirurgie fonctionnelle de stimulation électrique est un traitement très efficace puisqu’elle permet de corriger les troubles moteurs de manière continue. Son principe repose sur la stimulation à haute fréquence d’un noyau cérébral, appelé sous-thalamique, impliqué dans la maladie de Parkinson. Ce noyau est alors rendu inactif par les simulations subies : les mouvements normaux du patient sont restaurés.
Toutefois, ce traitement d’exception n’est réservé qu’à un petit nombre de patients répondant à des critères de sélection précis. Outre les risques propres à toute intervention chirurgicale (infections, hémorragies…), la chirurgie fonctionnelle peut entraîner des troubles du comportement. C’est pourquoi elle n’est pas proposée en début de maladie, dans la période où les médicaments sont encore efficaces.
La chirurgie fonctionnelle reste donc un traitement palliatif, car elle n’empêche pas l’évolution de la maladie et s’adresse avant tout aux patients :
- évolués,
- qui résistent aux médicaments,
- de moins de 70 ans,
- sans troubles intellectuels,
- mais dont le principal symptôme est le tremblement.

Pierre Cesaro, neurologue à l’hôpital Henry Mondor à Créteil

Quel est le principe du traitement de la maladie de Parkinson ?

Franck Durif, neurologue au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand, explique que les traitements actuels ont le plus souvent pour objectif de remplacer la dopamine qui manque dans le système nerveux central du malade. Le plus ancien est la L-Dopa, un précurseur qui se transforme en dopamine dans le cerveau. Ce traitement de base de la maladie de Parkinson entraîne néanmoins des complications, telles que les mouvements anormaux involontaires. D’autres substances ont donc été élaborées, permettant :
- soit de retarder la destruction de la dopamine (inhibiteurs d’enzymes),
- soit de mimer l’action de la dopamine (agonistes dopaminergiques). Enfin, d’autres substances peuvent être utilisées qui, si elles n’interviennent pas sur le système dopaminergique, permettent de lutter ponctuellement contre les symptômes de la maladie ou les effets secondaires des traitements.

Franck Durif, neurologue au CHU de Clermont-Ferrand

Quelle est la différence entre la maladie de Parkinson et le syndrome parkinsonien ?

Différencier la maladie de Parkinson du syndrome parkinsonien est essentiel, affirme Marc Ziegler, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris. En effet, le syndrome parkinsonien est bien différent de la maladie de Parkinson dans sa prise en charge. Il peut avoir différentes origines : soit la prise de neuroleptiques, soit une autre maladie dégénérative, qui présente les 3 signes de la maladie de Parkinson mais dont l’évolution sera différente.

Marc Ziegler, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris

Y a-t-il des traitements non médicamenteux contre la maladie de Parkinson ?

Jean-Philippe Brandel, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris, rappelle qu’en dehors des médicaments, il existe d’autres moyens de prise en charge du malade :
- la kinésithérapie tout d’abord, pour exercer la motricité au quotidien,
- l’orthophonie, pour rééduquer la parole, l’écriture, et même la déglutition,
- la psychothérapie, qui va être utile pour les patients comme pour les aidants.

Jean-Philippe Brandel, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris

Quels sont les médicaments permettant de lutter contre la maladie de Parkinson ?

La L-Dopa, précurseur de la dopamine, est au cœur de tout traitement de la maladie de Parkinson, rappelle Jean-Philippe Brandel, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris. D’autres médicaments sont utilisés dont les agonistes de la dopamine (qui agissent directement sur les récepteurs de la dopamine), ou encore les inhibiteurs des enzymes responsables de la dégradation de la dopamine.

Jean-Philippe Brandel, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris

Quels sont les traitements actuels de la maladie de Parkinson ?

Wassilios Meissner, neurologue au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bordeaux, nous présente les principales classes de traitement visant à atténuer les symptômes de la maladie :
- les précurseurs de la dopamine remplacent la dopamine en carence dans le cerveau,
- les agonistes de la dopamine réagissent directement sur les récepteurs de la dopamine,
- des médicaments agissant sur la dégradation de la dopamine.

Wassilios Meissner, neurologue au CHU de Bordeaux

Comment évolue la maladie de Parkinson ?

Il y a probablement plusieurs types de maladies de Parkinson, insiste Jean-Philippe Brandel, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris. La maladie va évoluer différemment d’un patient à l’autre et certaines personnes vont même pouvoir vivre longtemps, normalement, avec un handicap très modéré. Si l’évolution de la maladie de Parkinson peut être décomposée en différentes phases communes à tous les patients, la succession de ces phases peut être plus ou moins rapide. La « lune de miel » par exemple, phase pendant laquelle les symptômes du patient, en début de maladie, vont pouvoir être masqués par le traitement médicamenteux, peut ainsi durer de 5 à 15 ans.

Jean-Philippe Brandel, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris

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