Quelles sont les conséquences psychologiques ou psychiatriques de la maladie de Parkinson ?

Pathologie affectant essentiellement le mouvement, la maladie de Parkinson pourrait aussi entraîner des troubles psychologiques : c'est ce qu'affirme Franck Durif, neurologue au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand. Il explique que la maladie de Parkinson est liée au manque de dopamine dans le cerveau : ce neurotransmetteur facilite non seulement les fonctions motrices mais également intellectuelles et cognitives. C'est pourquoi 50 % des patients parkinsoniens sont dépressifs. Premier trouble mental lié à la maladie de Parkinson, la dépression se manifeste souvent dès le début de la pathologie, par des signes caractéristiques : apathie, manque de motivation... D'autres altérations mentales liées à l'évolution de la maladie mais aussi à la prise de médicaments antiparkinsoniens peuvent se présenter : troubles de l'impulsivité, troubles sexuels, conduites addictives, et parfois hallucinations. Ces troubles nécessitent une prise en charge thérapeutique spécifique et adaptée.

Franck Durif, neurologue au CHU de Clermont-Ferrand

Pourquoi la journée mondiale de la maladie de Parkinson est un événement majeur ?

Pour Giorgio Alessi-Mansour, responsable de la communication de l’association France Parkinson, la journée mondiale est un évènement majeur pour les patients comme pour l’ensemble des acteurs concernés par la maladie de Parkinson. En France, l’association organise une grande réunion à Paris, tandis qu’en régions les 60 délégations se font les relais du message. La journée mondiale est un moment de mobilisation et de ralliement qui permet aussi de raviver l’attention des médias sur cette maladie.

Giorgio Alessi-Mansour, responsable de la communication France Parkinson

Comment se procurer le Livre Blanc Parkinson ?

Mathilde Laederich, directrice de France Parkinson, rappelle que le Livre Blanc Parkinson, destiné à tous les publics, peut être commandé :
- par téléphone au 01 45 20 22 20,
- par courrier :
Association France Parkinson 4, Avenue du Colonel Bonnet 75016 Paris,
- ou directement sur le site web de l’association (http://www.franceparkinson.fr/).

Mathilde Laederich, directrice de France Parkinson

Qu'est-ce que l'association France Parkinson ?

Bruno Favier, président de France Parkinson, précise qu’il s’agit d’une association « loi 1901 », reconnue d’utilité publique. Elle a été créée par le professeur Agid qui, s’il n’a pas conservé de responsabilités opérationnelles au sein de l’association, porte un regard attentif sur son fonctionnement. L’association compte 60 comités locaux et un comité scientifique.

Bruno Favier, président de France Parkinson

Puis-je aider mon proche atteint de la maladie de Parkinson à effectuer les tâches quotidiennes ?

Jean-Pierre Bleton, masseur-kinésithérapeute à l’unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris, insiste sur le fait que le patient ne doit pas faire l’objet d’une attention démesurée : il faut respecter son rythme de progression, le laisser acteur de sa motricité, encourager son autonomie. En l’amenant à pousser ses performances motrices au maximum, le patient parvient à maintenir un très bon niveau d’activité. Un malade que l’on assiste trop va sous-utiliser ses capacités, ne pas exprimer tout son potentiel moteur, ce qui peut, à terme, entraîner une aggravation de la pathologie.

Jean-Pierre Bleton, masseur-kinésithérapeute à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris

Mon proche parkinsonien est particulièrement lent aujourd'hui, le fait-il exprès ?

Marc Ziegler, neurologue à l’unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris, rappelle que la maladie de Parkinson est soumise à des influences psychologiques indépendantes de la volonté du patient. Elles sont liées à la motivation, au stress ou à une émotion positive ou négative. Les signes de la maladie sont ainsi très variables d’un moment à l’autre. Un proche peut penser que le malade « le fait exprès » parce qu’il va effectuer les choses qui lui plaisent avec beaucoup d’entrain alors qu’il va prétexter la fatigue pour esquiver des tâches moins divertissantes. Or, explique Marc Ziegler, cela ne relève pas de la mauvaise volonté : les symptômes de la maladie se manifestent davantage dans la routine du quotidien et peuvent même s’accentuer lorsque le patient manque de motivation. C’est ce qui explique que le patient va sembler aller mieux pour rendre visite à un ami ou voir le médecin et aller moins bien lorsqu’il se retrouve seul avec son proche.

Marc Ziegler, neurologue à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris

Faut-il parler de sa maladie au médecin du travail ?

Giorgio Alessi-Mansour, responsable de la communication de l’association France Parkinson, insiste : tant que l’on ne se met pas ou ne met pas autrui en danger, il n’y a aucune obligation de signaler sa maladie à la médecine du travail. Mieux vaut commencer par en parler à l’association France Parkinson, qui met à la disposition des patients un conseil juridique pour les aider à évaluer et à analyser leur environnement professionnel. Parmi ses adhérents, l’association compte en outre de nombreux parkinsoniens qui peuvent faire partager leurs expériences.

Giorgio Alessi-Mansour, responsable de la communication France Parkinson

Y a-t-il des conseils spécifiques à donner aux jeunes malades parkinsoniens ?

L’âge moyen de diagnostic est de 60 ans : beaucoup de patients apprennent leur maladie alors qu’ils sont encore actifs. Giorgio Alessi-Mansour, responsable de la communication France Parkinson, donne 3 grands conseils à retenir pour vivre au mieux sa maladie :
- se faire aider par l’association lorsqu’on le souhaite,
- réinventer sa vie, en se découvrant de nouvelles passions et de nouveaux talents,
- ne pas s’isoler.

Giorgio Alessi-Mansour, responsable de la communication France Parkinson

Comment combattre les douleurs que je ressens aux épaules ?

Les patients atteints de la maladie de Parkinson souffrent très souvent des épaules, d’une raideur du rachis cervical, précise Jean-Pierre Bleton, masseur-kinésithérapeute à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris. Un traitement antalgique associé à des techniques manuelles (massages locaux, mobilisation douce, assouplissement…) permet de redonner aux épaules leur motricité et de soulager le patient.

Jean-Pierre Bleton, masseur-kinésithérapeute à l’Unité James Parkinson de la Fondation Rothschild à Paris

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